J'ouvris mes yeux, un état de bien-être s'emparait de moi. cela faisait très longtemps que je n'avais pas connu un sommeil aussi profond. je restai dans mon lit, l'esprit vide, savourant cette délicieuse paresse.
Mon corps me fait réagir depuis mon humanité. Qui le fait agir? Il existe entre mon corps et moi-même quelque chose qui le rend énigmatique pour moi. Cette dissociation de mon corps et de moi-même me trouble et me déstabilise. Réfléchir sur mon rapport avec mon corps est une sorte de spirale. Plus je m'applique dans ma réflexion plus je me perds. J'ai abandonné alors à le pourchasser, à tenter de le cerner? Japprends à l'écouter, je le laisse venir.
Je me suis assis alors devant la glace de mon atelier pour me contempler ou plutôt contempler cette image insensée sensée être même. Ma main, même si on ne lui a rien demandé, prend le carnet de croquis et une mine qui attendaient là, sur la table depuis quelques jours, commence à transcrire cet effroyable face à face. L'autre Moi au fond du miroir, regard menaçant, me scrute sans arrêt, sans se fatiguer. Il a juré qu'il allait régler mon compte. pourquoi m'en veut-il? Pourtant on est fait pour s'entendre! Mais ma main qui, comme à chaque fois, se mêle de tout et reprend son activité, elle trace des traits, commençant par le contour du visage dans le miroir; ces traits sont alors assez calmes et hésitants, mais dès qu'on s'approche du regard menaçant, les lignes deviennent incisives et sanglantes. Puis, arrêt brutal, ma main, tétanisée, s'arrêta de respirer. Et quand j'ai relevé mes yeux et regardé la personne dans le miroir, j'ai tout de suite compris l'effort de ma main. Le visage, en une fraction de seconde a pris 20 ans de plus, les yeux se sont creusés et transformés en deux trous obscurs. Les lèvres devinrent fines et sèches. Ma main sursauta alors et a commencé, avec plus de véhémence et de violence, a maltraiter la page qui devient de plus en plus agitée où deux espèces de regards surgissent pour me fixer. Je regardais alors intensément ma main avec un air prudent et méfiant. Elle arrêta tout mouvement, on dirait qu'elle réfléchissait, un être à part qui n'a rien à voir avec mon être. Et c'est là que j'ai aperçu pour la première fois quelque chose d'incroyable: ma main est dotée d'une force vive propre à elle. c'est un petit être indépendant et elle échappe à toute volonté. dans l'acte de dessiner, c'est elle qui me guide, ouvre des brèches, des chemins insoupçonnés de mon Ëtre au plus profond. c'est ma main qui me renseigne de mes états d'âme.
Je levai alors ma tête pour voir ce qu'est devenu l'autre être dans le miroir. Contrairement à toute attente, au lieu de retrouver cette image morbide de mon visage dévoré par le temps je retrouve le visage d'un homme dont je ne connaissais ni le nom ni rien sur sa vie sauf que j'ai regardé son visage pendant le temps de deux stations de métro à Paris il y a maintenant dix huit ans. Pourquoi lui?
Je me souviens de son regard qui fixait un point imaginaire dans le vide. Son iris faisait des mouvements saccadés presque imperceptibles mais qui disait l'agitation intérieure de cet homme. la lumière "blafarde" du métro donnait un aspect cadavérique au teint de son visage. Cadavre vivant, présent et absent. Il y avait quelque chose d'effrayant dans ce visage. je ne puis définir ce sentiment, mais je me souviens que mon corps tout entier commença à se contracter, mes côtes serraient mes poumons jusqu'à l'étouffement. Je n'avais jamais vu un visage humain aussi expressif et me disant l'absurdité de notre existence.
Maintenant, je me trouve dans cette rencontre entre Moi, le miroir, l'homme du métro; le regard surgissant dans la page du carnet de croquis et ma main. Où est-ce que je me situe moi dans tout cela et qu'est-ce que je suis entrain de faire ici?
Je regarde à nouveau ma main. je devine qu'elle me cache quelque chose. Elle sait quelque chose que jusque là j'ignorai. Elle a l'air silencieuse et même compatissante. il s'agit sûrement d'une situation affreusement dramatique. elle pose la mine puis puis s'approche de ma main gauche. Ensuite elles commencent à se caresser avec une grande complicité. Elles me fixaient des yeux tout en chuchotant entre elles. IL n'y a pas plus de terrifiant que deux mains qui chuchotent entre elles. C'est un complot contre moi me disais-je. Je n'ai aucune idée de quoi s'agissait-il.Tout ce que je sais c'est que ma vie est en jeu. J'étais tout en sueur. Javais aussi très soif .Je pris la bouteille d'eau et je la vidai d'une seule traite. Je me mis debout pour rassembler mon courage et mes forces et, le regard en feu, je m'assis avec la ferme intention d'aller jusqu'au bout de cette dangereuse aventure.
De nouveau devant le miroir, l'homme du métro n'était plus là, je retrouvais l'image de mon visage du début. J'ai eu du mal à la reconnaitre. Je m'appliquai dans l'acte d'observation. Je scrutais alors les contours du reflet de mon visage . Je n'arrivai absolument pas à me reconnaître. Cet étrange dans le miroir est sensé être mon image. Comment est-ce possible? mais il m'était impossible de souvenir son regard. J'ai beau essayé de me concentrer que sur la forme des cils, la pupille et l'iris. C'étais en vain. Le regard finissait toujours par me transpercer et m'intimider. Je baissai alors les yeux comme un enfant. Puis je pensai à l'absurdité de ma réaction et de mon attitude. Ce n'est qu'une image! Comment pourrait-elle me perturber? Mais quel soulagement quant toutà coup j'ai entendu quelqu'un sonner à la porte. Je restai quand même quelque secondes immobile comme paralysé attendant, peut-être la permission de Moi dans le miroir. Puis je parti comme une flèche vers la porte. Je restai encore un petit instant hésitant avant d'ouvrir. Et là, même si j'avais essayé de deviner qui pourrai se trouver là devant ma porte, jamais je ne le pourai. Même aucune personne sur terre ne pourait avoir même l'ombre d'un soupçon de la personne qui se trouvait là esquissant un sourir.
Devant la porte se trouvait tout simplement Moi. Mais pas mon image, Moi en chair et os. C'est inconcevable ! C'est insensé ! Comment est-ce possible ? Cela transgresse toutes les lois organique, physique et mathématique. Je ressentais alors une température glaciale qui remontait tout le long de mon corps et comme si j'étais enfermé dans un aquarium vide. Et là tout d'un coup j'ai tout compris, c'est l'image et l'autre Moi, lui C'est le vrai Moi. Je resentais un malaise ! Je n'avais plus de force pour tenir debout mais juste pour retrouver mon lit. Et je laisserai mon cors tomber comme un cadavre et puis plus rien....
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Les mots nous font... et je n'ai pas encore trouvé les tournures les plus belles...
un mélange de vécu, de lectures, allié à la contemplation de tableaux de son époque avec en arrière-plan son engouement pour la religion ... :
un homme à la mémoire phénoménale, amoureux de sa terre, de la campagne et surtout de l'authenticité des êtres !
Van gogh pour moi ... a réussi à "sublimer" sa folie ... dans la recherche artistique ... pour créer une oeuvre vibrante d'émotions avec un style très "personnel" qui influencera l'art du XXème siècle.
Sa conception de l'Art passera à la postérité rendant perceptible au Monde, la richesse de son oeuvre Exceptionnelle !
Ta description décrit bien cette lutte intérieure .. cette intimité avec le corps que la maladie disloque .. disperse .... mêlant angoisses, terreur, joie, plaisir, souffrance .... dans un combat perpétuel pour la VIE !!
Merci yas424 pour cet écrit sympathique sur le côté "dérangeant" de l'homme .... Bonne journée .... *****
un homme à la mémoire phénoménale, amoureux de sa terre, de la campagne et surtout de l'authenticité des êtres !
Van gogh pour moi ... a réussi à "sublimer" sa folie ... dans la recherche artistique ... pour créer une oeuvre vibrante d'émotions avec un style très "personnel" qui influencera l'art du XXème siècle.
Sa conception de l'Art passera à la postérité rendant perceptible au Monde, la richesse de son oeuvre Exceptionnelle !
Ta description décrit bien cette lutte intérieure .. cette intimité avec le corps que la maladie disloque .. disperse .... mêlant angoisses, terreur, joie, plaisir, souffrance .... dans un combat perpétuel pour la VIE !!
Merci yas424 pour cet écrit sympathique sur le côté "dérangeant" de l'homme .... Bonne journée .... *****
le mieux est de marcher longtemps
il faut marcher la terre qui recentre le corps.
Je suis d'accord !
il faut marcher la terre qui recentre le corps.
Je suis d'accord !
pour t'exprimer avec une telle force?
Recrudescence de LSD en France?
25/08/08 à 21h33
qui demande beaucoup de prudence
elle est trop intense et je crois que le mieux est de marcher longtemps
jusqu'à sentir le sang affluer aux tempes
il faut marcher la terre qui recentre le corps
elle est trop intense et je crois que le mieux est de marcher longtemps
jusqu'à sentir le sang affluer aux tempes
il faut marcher la terre qui recentre le corps


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yas424
publié le 25 août 08